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Articles

Affichage des articles du décembre, 2013

Les trois meilleures décennies de l'histoire

En 1981 et sur la base des données de la Banque mondiale exprimées en dollars de 2005 ajustés de la parité du pouvoir d'achat (PPP), on estime que 52,2% de la population mondiale vivait avec moins de $38 par mois ($1,25 par jour). Trente ans plus tard, en 2010, cette proportion était tombée à 20,6%.Une autre manière de voir les choses consiste à découper la population mondiale en trois groupes : les 10% les plus pauvres, les 10% les plus riches et les 80% qui ne sont, selon ces définitions, ni riches ni pauvres et que nous appellerons les « classes moyennes ». Par « seuil de pauvreté », nous entendrons le niveau de revenu qui sépare les pauvres des classes moyennes et par « seuil de richesse », nous désignerons la limite entre classes moyennes et riches.Selon ces définitions, en 1981, vous étiez pauvre si vous viviez avec moins de $14,68 par mois et vous étiez riches à partir de $189,8. Trente ans plus tard, en 2010, le seuil de richesse était passé à $327 par mois - soit une augm…

Le salaire brut n'est que pure fiction

Comme il semble que cette notion n’est pas tout à fait claire pour un grand nombre d’entre nous, je voudrais profiter de cette trêve des confiseurs pour bien établir un principe qui me semble essentiel : le salaire « brut » est une pure fiction. C’est un artifice administratif et comptable qui n’a pas d’autre objet que de faire croire aux salariés qu’ils ne payent que les charges dites « salariales » tandis que les charges dites « patronales » sont à la charge de leurs employeurs. En réalité, cette distinction n’est qu’un écran de fumée.En tant que salarié, vous louez votre travail à un employeur en contrepartie d’une rémunération – essentiellement fixe et versée à la fin de chaque mois – qui est le prix de marché de votre travail. C’est ce qu’on appelle un salaire. C’est le prix auquel vous acceptez de louer vos services et c’est le prix auquel votre employeur accepte de les payer. Concrètement, sur votre bulletin de paie, votre véritable salaire est égal au salaire dit « brut » augm…

L'inversion de la courbe

100%Voilà la situation : dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee estime – avec toutes les précautions d’usage [1] – que le taux de chômage, en hausse de 0,1% à 10,9% au troisième trimestre 2013 devrait s’établir à environ 11% d’ici la mi-2004. En d’autres termes, l’organisme public auquel l’État confie l’élaboration de ce type de statistiques, ne voit aucune inversion de la fameuse courbe du chômage dans un horizon prévisible à moins, bien sûr, de procéder par symétrie horizontale.Seulement voilà, pris d’un réflexe sarkozien, le Président de la République s’est empressé de d’apporter un démenti poli aux statisticiens de l’Insee en confirmant que, malgré ce que raconte l’Institut national, « tout est fait pour que l’inversion de la courbe du chômage puisse être réalisée », que les contrats de génération, les emplois d’avenir et la politique volontariste du gouvernement justifient pleinement la confiance présidentielle [2]. D’ailleurs, note – non sans humour – le président normal,…

Sauvez les mômes

Il y a bientôt quatorze ans, je devenais papa pour la première fois. J’en ai trois aujourd’hui et, d’un commun accord avec mon épouse, nous allons en rester là. Une chose que la paternité a profondément changé en moi, au-delà des nuits en pointillés et miettes sur le canapé, c’est que je ne supporte plus l’idée même qu’il puisse arriver quelque chose de mauvais à un gamin. C’est devenu viscéral.J’en ai pris conscience il y a quelques années, alors que je regardais un très mauvais film-catastrophe : un terrible virus ravage le monde et un jeune couple de parents australiens, comprenant que ni eux ni leur petite fille n’y échapperont, décident de mettre fin à leurs jours pour échapper au fléau. Papa et maman font boire à leur petite fille le poison, le boivent à leur tour et ils s’allongent tous ensemble.J’en ai chialé.Je vous prie de croire que ce film était un véritable navet mais c’est ce navet qui m’a fait prendre conscience de ce que la paternité avait changé en moi. Ne touchez pas…

La petite eau russe

On dit souvent des russes qu’ils sont de solides buveurs et, si l’on en croit les données collectées par l’Organisation mondiale de la santé [1], il semble bien que cette réputation est loin d’être usurpée : avec de 15,76 litres d’alcool pur par an et par adulte, soit plus de deux fois et demi la consommation moyenne à l’échelle planétaire (6,13 litres), les concitoyens de Vladimir Poutine seraient les quatrièmes plus gros consommateurs d’alcool au monde.Mais au-delà du volume, il faut aussi tenir compte des spécificités du mode de consommation russe. En schématisant un peu, on peut dire que la consommation des européens de l’ouest se caractérise par l’absorption régulière et largement répandue d’alcools légers : les français (13,66 litres/an) boivent bien sûr surtout du vin [2] à table tandis que nos amis irlandais (14,41 litres/an) sont, sans surprise, plutôt portés sur la bière au pub. En Russie, c’est tout à fait différent : on estime que trois russes sur dix sont totalement absti…

Babel

« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
« Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent. Ils se dirent l’un à l’autre :
« Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! »
La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment. Ils dirent encore :
« Allons ! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. »
L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes, et il dit :
« Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris ! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté. Allons ! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement. »
L’Éternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. C’est pourquoi on l’appel…

Lettre à Arnaud Montebourg

Cher Arnaud,Mardi dernier, tu t’es lancé dans une opération de communication personnelle sur Twitter – ce qui, en soi, m’étonne venant de quelqu’un qui fustige la mondialisation à longueur de discours – dans laquelle tu accusais la politique low-cost de Xaviel Niel de détruire des emplois dans les télécoms. Manque de chance, ledit Xavier Niel a saisi la perche que tu lui tendais bien imprudemment pour te rappeler qu’entre 2009 [1] et 2012 le nombre d’emplois directs dans le secteur des opérateurs de communication électronique est passé de 124 232 à 128 810 postes ; soit un gain net de 4 578 emplois – que ton contradicteur arrondi à « 5K » et s’attribue un peu vite, certes. Toujours est-il que ce sont les chiffres de l’ARCEP et que, sans même évoquer le décalage avec ton discours de janvier 2012, ton opération de com’ est tombée à l’eau. Assez lamentablement je dois dire..@montebourg Telecom: 124K emplois directs en 2009, 129K en 2012 + 5K emplois créés grâce à #FreeMobile. Et votre bi…

Taxe sur les salaires

Si vous faites partie de celles et ceux qui pensent que les charges salariales sont payées par les salariés tandis que les charges patronales le sont par les patrons, je ne saurais que trop vous conseiller d’interrompre séance tenante la lecture de ce papier. Si vous deviez néanmoins passer outre cet avertissement et poursuivre votre lecture malgré tout, cliquez ici.Vous êtes toujours là ? Bien, poursuivons.Soit Paul, un salarié français qui coûte 49 990 euros par an à son employeur – c’est son véritable salaire, la valeur de marché de son travail. Son « salaire brut » (qui n’est que pure fiction [1]) est de 31 199 euros et son salaire net, le montant total des douze chèques mensuel signés par son patron, est de 22 530 euros. Une fois réintégrées la CSG et la CRDS non-déductibles, le salaire net imposable de Paul s’élève à 23 478 euros [2].Si l’on suppose qu’il n’utilise aucune des nombreuses options qui permettent à nos compatriotes de réduire leur Impôt sur le Revenu des Personnes P…

WestJetChristmas

Le bonheur de notre humanité ne dépend pas de nos gouvernements, il dépend d’initiatives privées. Enjoy! #WestJetChristmasTristement, ce genre de choses n’arrive pas en France.

15 heures payées 35 : qui dit mieux ?

Pour mémoire, en France et en 2012, le salaire horaire médian était de 11,05 euros nets et, à partir de 21,88 euros, vous comptiez au nombre des 10% des salariés les mieux payés.Selon Louis, éboueur à Marseille interrogé par rue89 le 10 décembre 2012, son salaire net mensuel atteint 1 278 euros (1 660 bruts) auquel s’ajoutent 459 euros nets de primes diverses ; soit un total de 1 737 euros nets si l’on omet de compter les divers petits avantages que confère le fait de travailler pour la ville comme la carte bus-tramway-métro à prix cassé (1,65 euros / mois contre un peu plus de 36 euros pour le commun des mortels) ou la mutuelle des municipaux (63 euros / mois). Bref, 1 737 euros nets pour une journée de travail de 7 heures (35 heures par semaine ou 151,6 heures par mois), ça fait un salaire horaire d’environ 11,46 euros nets ce qui place Louis au-dessus du salaire médian.Seulement voilà, toujours selon Louis, il ne travaille pas 7 heures par jour mais plutôt 4h30-5 heures. Fort bien,…

Gras comme un rat à Marseille

Sur Causeur, Jean-Paul Brighelli, se plaint de la prolifération des rats à Marseille. Fort bien, mais allons jusqu’au bout.S’il y a des rats, si nos rues sont si sales, c’est parce que les ordures jonchent les trottoirs et si les ordures prolifèrent, c’est parce que les camions-bennes qui sont supposés les ramasser ne le font pas. C’est le fameux fini-parti, maintes fois dénoncé, notamment par la Cours des comptes, qui permet à nos sympathiques « agents de surface » de rentrer chez eux quand ils estiment avoir accompli leur tâche. En pratique, cela signifie qu’ils ne ramassent qu’une poubelle sur deux – quand ils ne sont pas en grève, bien sûr – et bouclent leurs tournées en 3h30 au lieu des 7h00 sur la base desquelles ils sont payés (chiffre de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur pour 2007).Saviez-vous que la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) dont s’acquittent les marseillais est la plus élevée de France ? En 2011, à Lyon, s’était 70 euros …

Brisons le thermomètre !

Réponse à Jérôme Leroy.Il va de soi que si l’Éducation Nationale d’État n’est plus capable d’enseigner les rudiments les plus élémentaires de lecture et de mathématiques aux gamins qui lui sont confiés, c’est à cause de la mondialisation néo ou ultralibérale (au choix). Un monopole d’État, gratuit comme tout ce qui est financé par l’impôt (c’est-à-dire pas du tout gratuit) et, qui plus est, obligatoire : c’est la marque évidente d’un libéralisme débridé et si ça ne fonctionne pas, si ça ne produit que des générations entières d’illettrés, c’est sûr, c’est encore un échec à mettre sur le compte de la mondialisation ultralibérale. Marine le Pen, d’ailleurs, ne dit pas autre chose quand elle affirme que – je cite – la « mondialisation ultralibérale défait l’école de la République. »Alors bien sûr, quand un odieux classement apatride, mondialisé et donc ultralibéral vient nous confirmer ce que tous les parents dignes de ce nom savent déjà, à savoir que le monstre technocratique (mais néol…

Croissance, emploi et productivité

Seul sur son île, Robinson Crusoé ne s’est jamais vraiment demandé comment faire pour accroître la quantité de richesses à sa disposition. C’était évident : il fallait en produire d’avantage. Parce que toute richesse doit être produite avant d’être consommée, le seul moyen de consommer plus, c’est de produire plus. De la même manière, Crusoé n’a pas eu besoin d’avoir recours à un manuel de macroéconomie pour comprendre comment produire plus ; il n’y a, pour schématiser, que deux méthodes possibles : travailler plus – consacrer plus de temps à la chasse – ou travailler plus efficacement – typiquement, en investissant dans la fabrication d’un équipement plus performant.Pour Robinson Crusoé, donc, la chaîne de causalité est claire comme de l’eau de roche : plus il travaille et plus travaille efficacement, plus il produit de richesse et donc, peut en consommer.Nos économies modernes sont des phénomènes extraordinairement complexes et il n’y a plus guère que dans les cabinets ministériels …